Quels leviers scientifiques pour produire plus et mieux ? Focus sur les solutions agronomiques

30 juin 2025

Face à une population mondiale qui dépassera les 9 milliards d’habitants d’ici 2050, l’agriculture durable devient un impératif. Il ne suffit plus de produire plus, mais de produire mieux : en préservant les ressources, en réduisant l’impact environnemental et en s’adaptant au changement climatique.

La science joue un rôle majeur dans cette transformation. À Montpellier, des chercheurs de renommée internationale conçoivent les solutions agricoles de demain. Tour d’horizon des innovations les plus prometteuses pour bâtir une agriculture à la fois efficace, résiliente et durable.

Sélection variétale : cultiver la résilience

Sécheresses, canicules, maladies émergentes… Les cultures sont de plus en plus fragilisées. La sélection variétale devient alors un outil clé. Il ne s’agit plus seulement d’augmenter les rendements, mais de créer des plantes capables de résister aux aléas climatiques tout en respectant les écosystèmes.

Des variétés sobres en eau, tolérantes aux sols pauvres ou salins, sont développées grâce aux progrès en génétique végétale. Ces recherches se font souvent en lien avec les communautés agricoles locales. Elles contribuent à sécuriser la production dans des régions vulnérables, notamment en Afrique subsaharienne ou en Asie du Sud.

Agroécologie : s’inspirer du vivant pour nourrir le vivant

L’agroécologie ne cherche pas à contraindre la nature, mais à travailler avec elle. Cette approche, soutenue par la recherche, propose de repenser les systèmes agricoles en s’appuyant sur les dynamiques naturelles : diversité végétale, interactions entre espèces, fertilité des sols, etc.

Concrètement, cela passe par des pratiques comme l’association de cultures complémentaires, l’agroforesterie ou la réduction des intrants chimiques. Les chercheurs étudient les effets de ces méthodes non seulement sur les rendements, mais aussi sur la biodiversité, la santé des sols et la résilience face aux crises.

Anticiper pour mieux agir : l’ère des données et de la modélisation

L’agriculture du XXIe siècle s’appuie sur des outils prédictifs avancés. Grâce à la modélisation, les chercheurs peuvent simuler des scénarios, anticiper les effets du changement climatique et identifier les zones à risque de crise alimentaire.

Ces données aident les décideurs, les ONG et les coopératives agricoles à mieux planifier leurs actions. Elles permettent aussi d’adapter les politiques publiques et de renforcer la résilience des systèmes alimentaires dans les régions les plus exposées.

Innover pour tous : des solutions pensées avec les agriculteurs

Une innovation n’est efficace que si elle est comprise et adoptée par celles et ceux qui cultivent. C’est pourquoi de nombreux projets de recherche sont co-construits avec les agriculteurs, notamment dans les pays du Sud où l’agriculture familiale est prédominante.

Ces projets, souvent basés sur des solutions simples et peu coûteuses, améliorent les rendements tout en valorisant les pratiques locales et les savoirs traditionnels. À Montpellier, des programmes comme FABA (au Cameroun) ou SALSA (en Méditerranée) illustrent cette démarche participative.

Nourrir la planète sans l’épuiser : un défi réalisable

Le défi alimentaire ne peut plus être relevé avec les recettes du passé. Mais la science, en lien avec les agriculteurs, les territoires et les décideurs, ouvre de nouvelles voies.

Produire plus et mieux n’est pas qu’un enjeu technique. C’est une transformation profonde de notre rapport au vivant. Elle repose sur des connaissances solides, une coopération internationale accrue et une volonté collective d’assurer un avenir nourricier.