Comment mesurer la santé d’un sol ? Les indicateurs scientifiques au service de la résilience

5 août 2025

La dégradation des sols est un enjeu global, mais comment en évaluer concrètement l’état ? À Montpellier, des chercheurs développent et croisent des indicateurs biologiques, chimiques et physiques pour mesurer la santé des sols et guider leur restauration. Une expertise de précision, au service de l’agroécologie.

Un concept aux multiples dimensions

Parler de “santé des sols”, c’est poser une question complexe : un sol est-il capable de remplir ses fonctions écologiques essentielles ? Cela inclut sa fertilité pour l’agriculture, sa capacité à filtrer et stocker l’eau, à absorber du carbone ou à héberger une biodiversité abondante.

Mais contrairement à une machine, un sol n’a pas un seul “bon état”. Sa santé dépend du contexte — climat, usage, type de sol — et évolue dans le temps. C’est pourquoi les chercheurs mobilisent une palette d’indicateurs scientifiques pour mesurer la santé des sols de manière rigoureuse et adaptée.

Trois grandes catégories d’indicateurs

À Montpellier, la communauté scientifique croise plusieurs disciplines pour mesurer la santé des sols en profondeur, autour de trois grands axes :

Des méthodes de terrain et de laboratoire

Les scientifiques montpelliérains combinent prélèvements de sol, analyses en laboratoire et mesures in situ pour évaluer ces indicateurs. Ils utilisent également des bases de données à long terme et des dispositifs expérimentaux agricoles pour suivre l’évolution des sols dans différents contextes climatiques ou d’usage.

Par exemple, l’observation des dynamiques de matière organique à l’échelle décennale permet de détecter les effets cumulatifs des pratiques agricoles sur la capacité des sols à stocker le carbone — un enjeu majeur dans la lutte contre le changement climatique.

Des outils pour la transition agroécologique

Ces indicateurs ne servent pas uniquement à faire un diagnostic scientifique. Ils sont aussi mobilisés pour concevoir des outils d’aide à la décision pour les agriculteurs, les collectivités ou les institutions. À Montpellier, les chercheurs travaillent à rendre ces données accessibles et opérationnelles, notamment à travers des protocoles simplifiés ou des outils numériques.

L’objectif : orienter les politiques agricoles et les pratiques de gestion vers des solutions qui restaurent la qualité des sols tout en maintenant leur productivité. En ce sens, la mesure de la santé des sols devient un levier stratégique pour réussir la transition agroécologique.