Le sol, un écosystème vivant : zoom sur la faune souterraine

5 août 2025

Invisible à l’œil nu mais indispensable à la vie sur Terre, la faune souterraine joue un rôle fondamental dans la fertilité des terres agricoles, le cycle du carbone ou encore la résilience des écosystèmes. À Montpellier, des chercheurs explorent ce monde souterrain pour mieux comprendre, protéger et restaurer les sols dégradés.

Un monde vivant sous nos pieds

Le sol n’est pas un simple support inerte pour les cultures. C’est un écosystème complexe, riche d’une biodiversité souvent méconnue. Un seul gramme de terre peut contenir plusieurs milliards de micro-organismes et des centaines d’espèces différentes. Parmi eux : bactéries, champignons, nématodes, collemboles, acariens, vers de terre ou encore insectes fouisseurs. Cette faune souterraine transforme la matière organique, aère le sol, régule les pathogènes. Elle participe aussi au stockage du carbone. Sans elle, aucun sol ne pourrait rester fertile à long terme.

Étudier l’invisible : un défi scientifique

À Montpellier, des équipes interdisciplinaires de biologistes, écologues, agronomes et spécialistes du sol s’unissent pour mieux comprendre ces communautés souterraines. Grâce à des outils de pointe — analyses génétiques (métabarcoding), extraction physique des organismes, observation au microscope, modélisation numérique — les chercheurs dressent un portrait de plus en plus précis de la biodiversité du sol et de ses fonctions.

Les études menées s’intéressent notamment à la manière dont les pratiques agricoles (labour, intrants, cultures de couverture, agroforesterie…) influencent la structure et le fonctionnement de ces communautés. Certaines espèces clés, comme les vers de terre, sont devenues de véritables indicateurs biologiques de la santé des sols.

Une biodiversité menacée par la dégradation des sols

Érosion, pollution, artificialisation, déforestation : ces phénomènes altèrent profondément l’habitat souterrain. L’appauvrissement de la faune souterraine a plusieurs conséquences :

Comprendre comment la biodiversité du sol réagit aux pressions environnementales permet d’anticiper les impacts sur les agroécosystèmes. Des leviers pour restaurer les fonctions écologiques perdues peuvent alors être identifiés. À Montpellier, les recherches visent à relier la diversité biologique à la qualité des sols sur le long terme.

Une clé pour restaurer les sols

La restauration des sols ne peut se concevoir sans prendre en compte les êtres vivants qui les composent. En testant, sur le terrain, des pratiques agricoles favorables à la biodiversité — comme l’usage de composts, les rotations longues ou l’agroforesterie — les chercheurs montrent qu’il est possible d’enclencher des dynamiques positives : augmentation de la biomasse, amélioration de la structure du sol, meilleure rétention de l’eau et du carbone.