Produire assez pour nourrir l’humanité est un défi colossal. Mais cela ne suffit pas. Chaque année, des millions de tonnes de nourriture sont gaspillées, tandis que plus de 730 millions de personnes souffrent encore de la faim. Paradoxalement, des milliards d’individus sont touchés par l’obésité, le diabète ou la malnutrition.
Ce paradoxe révèle des systèmes alimentaires inéquitables, inefficaces et vulnérables. Il devient urgent de repenser notre façon de produire, transformer et consommer les aliments. La science peut jouer ici un rôle clé, en proposant des alternatives viables, durables et inclusives.
L’injustice alimentaire, une crise silencieuse
L’insécurité alimentaire ne concerne pas seulement la quantité produite. Elle touche aussi l’accès équitable à une alimentation saine, variée et culturellement adaptée. Aujourd’hui :
- Des populations rurales produisent de la nourriture sans pouvoir se nourrir elles-mêmes correctement.
- Les zones urbaines pauvres dépendent de systèmes mondialisés, souvent opaques et fragiles.
- La hausse des prix agricoles complique l’accès aux denrées de base, au Sud comme dans les périphéries du Nord.
Les chercheurs analysent ces déséquilibres pour en comprendre les causes : inégalités sociales, dépendance aux importations, infrastructures déficientes ou gouvernance alimentaire instable.alités sociales, dépendance aux importations, infrastructures défaillantes ou gouvernance alimentaire déficiente.
Bien manger, un enjeu de santé… et de durabilité
L’accès à une alimentation de qualité reste un défi majeur. Beaucoup n’ont pas accès à des produits frais, diversifiés ou peu transformés. La malnutrition sous toutes ses formes progresse, avec des impacts lourds sur la santé publique.
Des scientifiques et experts développent des outils pour évaluer l’impact nutritionnel et environnemental de notre alimentation :
- Le Nutri-Score, pour mesurer la qualité nutritionnelle des aliments.
- Le Planet-Score, qui prend en compte les effets sur le climat, la biodiversité et le bien-être animal.
- D’autres indicateurs globaux, pour guider les choix des consommateurs, des collectivités et des entreprises.
Ces outils s’appuient sur des données scientifiques solides. Ils visent à orienter la transition alimentaire vers des régimes plus sains, durables et équitables.
Infrastructures, circuits courts et logistique équitable
Produire localement ne suffit pas. Il faut aussi transformer, stocker et distribuer efficacement les aliments, tout en limitant les pertes.
Dans de nombreux pays du Sud, jusqu’à 30 % des récoltes sont perdues après la moisson, par manque d’infrastructures adaptées. À l’inverse, dans les pays riches, l’abondance cache un gaspillage massif tout au long de la chaîne.
Les chercheurs proposent des pistes concrètes :
- Développer des chaînes de valeur locales et des marchés de proximité.
- Innover en matière de conservation et de logistique à faible impact.
- Étudier la résilience des systèmes alimentaires urbains face aux crises (climatiques, sanitaires, géopolitiques).
Vers des systèmes alimentaires territorialisés et durables
Plutôt que de penser l’alimentation à l’échelle mondiale uniquement, la science contribue aujourd’hui à Plutôt que de penser l’alimentation à l’échelle mondiale uniquement, la science explore des systèmes plus territorialisés. Ces approches permettent de :
- Réduire la dépendance aux importations.
- Valoriser les savoir-faire agricoles locaux.
- Renforcer la souveraineté alimentaire des territoires.
Ces projets reposent sur des recherches interdisciplinaires, mêlant sciences sociales, agronomie, nutrition et économie. Ils sont portés par des acteurs locaux, appuyés par des institutions scientifiques comme celles réunies à Montpellier.
L’alimentation durable est aussi une question d’équité
Nourrir la planète n’a de sens que si chacun peut accéder à une alimentation digne et choisie. Construire des systèmes alimentaires durables implique :
- Une répartition plus équitable des ressources.
- Un accès universel à une alimentation saine.
- Une gouvernance inclusive des politiques alimentaires.
La Fondation One Science Montpellier soutient les projets qui allient rigueur scientifique, ancrage local et ambition sociale. Nourrir durablement, c’est aussi réparer les déséquilibres et redonner du pouvoir d’agir aux territoires.