Quand les inégalités environnementales aggravent la santé
Face aux impacts du dérèglement climatique et à la dégradation de l’environnement, nous ne sommes pas tous égaux. Pollution, chaleur extrême et exposition à certains risques sanitaires touchent plus durement certaines populations. La santé environnementale permet d’analyser ces inégalités et de comprendre comment les facteurs environnementaux influencent la santé des populations.
À Montpellier, les chercheurs de la Fondation One Science analysent ces inégalités à l’interface entre santé environnementale, santé publique et sciences sociales.
Des expositions environnementales très inégalement réparties
Respirer un air pollué, vivre près d’industries ou subir des canicules répétées ne concerne pas tous les citoyens de la même manière. « Les quartiers populaires, souvent denses et peu végétalisés, cumulent plusieurs nuisances », explique Sarah Carminati, sociologue spécialiste des inégalités environnementales. « Ils disposent aussi de moins de ressources pour y faire face : logement, accès à l’information ou soins de santé. »
À Montpellier, plusieurs études montrent une corrélation entre vulnérabilité sociale et exposition à des facteurs de risque environnementaux. Les chercheurs identifient des « zones cumulatives de vulnérabilité », où les risques s’additionnent : pollution de l’air, îlots de chaleur urbains, manque d’espaces verts et précarité énergétique.
La chaleur extrême, un révélateur des inégalités environnementales
Les vagues de chaleur, amplifiées par le changement climatique, touchent particulièrement les populations vulnérables. « Elles affectent plus sévèrement les enfants et les personnes âgées, isolées ou à mobilité réduite – souvent issus de milieux précaires », souligne le climatologue Hugo Merlet.
Dans certains quartiers défavorisés, les logements mal isolés et l’absence d’arbres aggravent la sensation de chaleur. Les chercheurs utilisent des données satellitaires, des mesures de terrain et des enquêtes sociales pour identifier les zones prioritaires d’adaptation. Ces travaux aident les collectivités à mieux cibler leurs politiques de santé et d’aménagement.
La recherche interdisciplinaire au service de la justice environnementale
Répondre à ces enjeux exige de croiser urbanisme, sociologie, médecine, écologie et climatologie. La Fondation One Science fédère des chercheurs de disciplines différentes autour de projets communs.
Ces travaux permettent de :
- modéliser les expositions selon les caractéristiques sociales et territoriales ;
- évaluer les impacts sanitaires des politiques environnementales ;
- co-construire des solutions locales avec habitants et acteurs de terrain.
L’objectif est double : comprendre comment se créent les inégalités environnementales et proposer des solutions concrètes et scientifiquement fondées.
Vers des villes plus équitables face aux risques environnementaux
À Montpellier, la Fondation One Science contribue à faire de la santé environnementale un enjeu de justice sociale. En documentant les mécanismes d’inégalités, en produisant des données fiables et en développant des outils d’aide à la décision, elle participe à l’élaboration de politiques publiques plus justes et efficaces.
Face aux défis environnementaux, la connaissance ne suffit pas. Elle doit être partagée et orientée vers l’équité. La recherche à Montpellier vise à assurer que la transition écologique ne laisse personne de côté.