Depuis plusieurs décennies, les crises sanitaires liées aux maladies infectieuses se multiplient. Zika, Ebola, Covid-19… Ces maladies émergent souvent à cause de nos interactions avec un environnement perturbé. À Montpellier, les chercheurs analysent comment les changements écologiques favorisent ces maladies et, surtout, comment les prévenir.
+250 % d’augmentation des maladies transmises par les animaux
Les maladies infectieuses liées à l’environnement et d’origine animale (zoonoses) sont en forte hausse, représentant plus de 60 % des infections humaines. Cette progression est alimentée par plusieurs facteurs environnementaux :
- la déforestation rapproche faune sauvage et populations humaines ;
- l’intensification de l’agriculture crée des interfaces propices au passage de pathogènes entre espèces ;
- le changement climatique modifie la répartition des insectes vecteurs (moustiques, tiques, etc.) ;
- l’urbanisation rapide favorise la densité humaine dans des zones à risque.
Les chercheurs de Montpellier étudient ces dynamiques grâce à l’approche One Health, qui relie santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes.
Observer les signaux faibles, modéliser les risques
À Montpellier, biologistes, épidémiologistes, vétérinaires, climatologues et écologues travaillent ensemble pour anticiper les crises. Ils détectent les signaux d’émergence des maladies, par exemple en suivant la circulation des virus chez certaines espèces animales ou l’évolution des zones à moustiques.
« Nous développons des modèles pour évaluer le risque de transmission selon le contexte écologique, les données climatiques, la biodiversité et les pratiques humaines », explique le Dr. Pierre Menant. Ces outils ciblent la surveillance sur les zones critiques et orientent les campagnes de prévention.
Étudier les réservoirs animaux pour prévenir la prochaine pandémie
Analyser la circulation des virus chez les animaux est essentiel pour prévenir les crises. Les équipes montpelliéraines travaillent sur la faune sauvage (chauves-souris, rongeurs, oiseaux migrateurs) et sur les animaux domestiques, souvent intermédiaires dans la transmission.
En étudiant les interactions entre espèces, environnement et humains, les chercheurs identifient les zones à risque. Ils croisent données de terrain, analyses en laboratoire et approches sociologiques pour comprendre les pratiques locales (élevage, chasse, marchés vivants) qui influencent les dynamiques infectieuses.
Montpellier, un pôle reconnu de recherche sur les risques infectieux
La région montpelliéraine est un site de référence pour la recherche sur les maladies infectieuses liées à l’environnement. Plusieurs laboratoires collaborent sur des projets interdisciplinaires, parfois à l’échelle internationale. Sa position géographique, entre Méditerranée, zones agricoles, milieux urbains et espaces naturels, en fait un terrain d’étude idéal.
La Fondation One Science Montpellier favorise les collaborations et renforce la visibilité des travaux locaux. Cette approche intégrée est essentielle face à un monde où les crises sanitaires sont de plus en plus liées aux dérèglements écologiques.
Anticiper plutôt que réagir : une science tournée vers l’avenir
Prévenir les épidémies implique de repenser notre relation à l’environnement. Grâce à l’approche One Health, la recherche montpelliéraine développe une vision globale de la santé, intégrant climat, biodiversité et comportements humains.
Ces travaux visent non seulement à comprendre les crises passées, mais aussi à imaginer des stratégies de résilience pour les années à venir, fondées sur des données solides, des outils prédictifs et une coopération étroite entre disciplines.