Pollution de l’air : comprendre ses effets biologiques et sociaux sur la santé humaine

5 août 2025

Chaque jour, 99 % de la population mondiale respire un air pollué. Ce chiffre alarmant dépasse les seuils recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS, 2022). À l’échelle globale, plus de 6 millions de décès prématurés par an sont liés à la pollution de l’air, selon le Global Burden of Disease (GBD, 2019).

Pour comprendre les mécanismes biologiques et les dynamiques sociales, un large éventail de disciplines scientifiques se mobilise. À Montpellier, la communauté scientifique étudie ce phénomène dans toute sa complexité, à l’intersection de la biologie, de la chimie de l’environnement, de la médecine et des sciences sociales.

Ce que la pollution de l’air fait à notre corps : les mécanismes en jeu

Les particules fines (PM2.5, PM10), les oxydes d’azote, l’ozone troposphérique et d’autres polluants atmosphériques affectent directement la santé humaine, même à faible concentration (OMS, 2021). Lorsqu’elles sont inhalées, elles déclenchent une inflammation des voies respiratoires. Elles franchissent la barrière pulmonaire et peuvent pénétrer dans la circulation sanguine.

Ces mécanismes contribuent à l’apparition ou à l’aggravation de maladies chroniques telles que l’asthme, les maladies cardiovasculaires ou certains cancers (WHO, Air Pollution and Health, 2021). Les chercheurs analysent également les effets à long terme d’une exposition chronique :

Grâce à des modèles expérimentaux et à des données de cohortes, les équipes identifient des biomarqueurs précoces permettant de mieux caractériser l’exposition aux polluants.

Une pollution invisible, mais socialement très inégalitaire

La pollution de l’air est omniprésente, mais son impact est réparti inégalement. Les populations vivant près des axes routiers, dans des logements mal isolés ou dans des zones industrielles sont beaucoup plus exposées (European Environment Agency, 2022). Ce sont souvent les groupes les plus vulnérables socialement qui cumulent ces facteurs de risque.

À Montpellier, plusieurs quartiers combinent faible niveau de revenus, forte densité urbaine et proximité de sources de pollution. Les populations de ces quartiers vivent dans un environnement particulièrement nocif.

Ces recherches interdisciplinaires permettent de mieux orienter les politiques publiques. Réduction des émissions dans les zones sensibles, aménagements urbains, accès à l’information environnementale, ou encore adaptation des politiques de santé… Autant de solutions qui peuvent être mises en place.

Quand chimie de l’air et climat se rejoignent

La pollution atmosphérique ne peut être dissociée des enjeux climatiques. Certains polluants (comme l’ozone ou le carbone suie) sont également des contributeurs majeurs au réchauffement climatique. Inversement, les vagues de chaleur exacerbées par le changement climatique aggravent les effets de la pollution, notamment dans les villes.

Les chimistes et climatologues de Montpellier modélisent ces interactions complexes afin de mieux prédire les pics de pollution et leur impact sur la santé. Ils travaillent également à identifier les sources principales de pollution à l’échelle locale pour orienter les efforts de réduction.

Une science au service de la prévention

L’objectif des équipes réunies à Montpellier est clair : produire des connaissances précises, interdisciplinaires et opérationnelles pour mieux prévenir les effets de la pollution de l’air. Cela passe par la modélisation, la surveillance, mais aussi l’éducation et la diffusion des résultats auprès des acteurs de santé publique.